Né en 1997, vit et travaille entre Lyon et Paris.
Après des études de médecine, j’ai obtenu un Bachelor européen en
images contemporaines à l’école Bloo (Lyon) en 2018, puis j’ai intégré la
même année l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles où je
suis sorti diplômé en 2022. Afin d’inventorier mon travail, je réalise des
auto-éditions sur le monde queer et ses limites.

J’ai passé six ans de ma vie avec mes appareils scotchés à la poitrine. Je ne sortais jamais sans eux, même pour aller faire des courses. C’était presque maladif ; une chasse scopique, il me fallait comprendre, apprendre, analyser les gens qui étaient comme moi. Comme moi par leurs corps, leurs envies, leurs désirs. Parce que l’on est dans la même case à rallonge, on appartient à un lot de clichés. J’ai appris à aimer à partir de mes yeux. Des instants de doutes, de grâce, des moments de supplice ; ils étaient mes confidents. Je comprends maintenant que toute image a une durée de vie, et que l’amour qu’on lui apporte la fait perdurer. Ou à l’inverse, qu’il y a des images que je n’ai plus envie de voir.
Je voulais créer une zone franche, une zone de porosité entre chacun.e.s. Un refuge pour anonymes peu fréquentables, un tiers-lieux pour monstres en détresse, un théâtre pour personnes hybrides, un livre pour chimères. Ici, c’est pas les mêmes codes que dans l’hétéronormativité : demander une autorisation de droit à l’image serait comme allumer la lumière dans une backroom.
Ce que je fais, ce sont des images. Rien de plus. On peut les charger de symboles, de fantasmes et de spéculations : ce ne restera que des images. Et il est facile de faire parler une image, elles possèdent toutes en elles leur dénouement, et les fantômes qu’elles ont déjà tués. On peut les voir comme des slogans, comme des bannières, comme des exemples, comme des martyrs, mais ce ne sont que des images, rien de plus.
Et j’ai bien conscience que je suis la putain de cet instant absolu, de cet arrêt sur image parfait. Je suis le coké qui vient chercher sa dose éternelle d’adrénaline, qui vit pour trouver de nouveaux territoires, de nouveaux corps où apposer ce jet de lumière et mes yeux, mais c’est cet orifice qui voit tout, qui se paye le grand spectacle, voyeur et exhibant l’intérieur de mon iris pour un bref instant. Je veux sortir de ce système empirique, comme une Lune en bout de course, je ne veux plus répondre à la violence par un paquet d’images.

Je n’irai plus faire la fête avant d’être apaisé, avant d’avoir digéré ces échos de tristesses et de vécus qui viennent s’entrechoquer à chaque rencontre, pour danser avec les spectres des victimes de ces corps éhontés. Voici mon monde, voici mon safe world.

Texte d’introduction à Safe Word, 2022

Expositions

Borders
Festival Off (Arles) ; Blitz (Lyon)

2024

Se mettre au parfum
Saint-Martin Bookshop (Bruxelles)

2023

Exposition personnelle 
Boomrang (Lyon)

Exposition
Festival Intérieurs Queers, galerie Kashagan (Lyon)

2022

Le vent ne te touche pas
Librairie du Palais (Arles)

Bad Low Loading Load
1909 (Paris)

Exposition collective Briques
Science-Po Lille (Lille)

Exposition collective Découverte, Identité
ENSP (Arles)

Exposition collective Hier is da feestje
La Nombreuse (Bruxelles)

2021

Exposition collective
Bastille Design Center (Paris)

Exposition collective 1 mètre
Palais (Arles) ; WIP à Croisière (Arles)

Exposition collective Breaking Gender Stereotypes
Queer Festival d’Heidelberg (Allemagne)

2020

Expositions collectives avec l’AENSP pour COD et 20 000 lieux sous les mers (Arles) ; Erreur d’authentification au MA (Montreuil) ; WIP au
Collège Mistral (Arles) ; Fotohauss (Arles)

The Girl you Lost To Cocaïne
Baston (Lyon)

2019

Dents de Lait avec Prune Phi
Par Extramentale (Arles)

The Girl You Lost to Cocaïne et Le Plan Cigogne
Galerie BLOO (Lyon) ; La vie Patiente (CHU Chambéry)

2018

Publications
Résidences

Publication dans Têtu Magazine

Publication dans Deeply Human par la maison d’édition Vertlag Kettler

Résidence d’artiste avec Les AuDragCieuxes, pour le projet de la Maison de la Diversité

 

2024

Publication dans la revue Chabe!

Publication du recueil Safe Word par Rien Ne Va Plus (Paris)

2022

Publication de la série The Girl you Lost To Cocaïne par la maison d’édition Rien Ne Va Plus (Paris)

Publications dans Trotz Magazine ; Bozartistes ; Lusted Men ; Revue Feu ; Usage Du temps ; Revue Numéro 0 ; PQ ; Argentik Mag’

Monographie MONO par Kermesse (Paris)

Rédaction d’une chronique La Palette pour la Librairie du Palais (Arles)

Shortlist dans la catégorie Auteur du Prix du Livre des Rencontres de la photographie d’Arles pour l’édition DYSTOPIA 4 : Pallas

Résidence virtuelle Mais qui sont ces monstres ? avec l’artiste Louise Quignon

2021

Publication dans la revue L’imparfaite et Revue Profane

Publication de la série Le bunker dans Pornceptual

Finaliste pour le prix Paris 1 Panthéon Sorbonne pour l’art contemporain

2020

Conférencier sur l’Art Queer avec Julia Marchand, Odyssette (Arles)

Conférencier L’Effleure du Bien avec Tedx, Université Lyon 3

2019